Il y a une question que je pose régulièrement aux directeurs d’agence que j’accompagne en coaching développement d’équipe.
« Tu recrutes en ce moment ? »
Et la réponse que j’entends trop souvent, c’est : « Oui… enfin, j’y pense. J’ai l’idée d’organiser un after-work, mais je n’ai pas encore finalisé mon fichier de contacts. Et puis je me demande si les gens vont vraiment se déplacer. Il faut que je trouve le bon moment, le bon endroit… »
Des mois passent. L’after-work n’a toujours pas eu lieu. Et ton équipe n’a pas bougé.
Ce n’est pas un problème de volonté. C’est un piège que je connais bien : l’attente du moment parfait.
Le perfectionnisme tue le recrutement
Lors d’une séance de coaching développement d’équipe récente, un directeur m’a décrit exactement cette situation. Il voulait organiser un after-work pour recruter des conseillers, mais il repoussait sans cesse parce que son fichier de contacts n’était pas à jour, parce qu’il ne savait pas combien de personnes viendraient, parce que le timing ne lui semblait jamais idéal.
Voilà ce que je lui ai dit, et c’est ce que je te dis aujourd’hui :
« Fais mieux que parfait : fais en fait. Tant que tu réfléchis, tu auras zéro résultat. Tu fais, tu t’améliores, tu t’ajustes, tu refais. »
L’after-work parfait n’existe pas. L’after-work qui a lieu, lui, produit des résultats.
Pourquoi 5 personnes, c’est une victoire
Premier point à intégrer immédiatement : pour un premier after-work de recrutement, 5 personnes présentes, c’est un succès.
Pas 30. Pas 50. 5.
Parce que le but du premier événement, ce n’est pas de remplir une salle. C’est d’apprendre à organiser, à parler, à recruter dans ce format. C’est de tester ton pitch. C’est de comprendre ce qui attire et ce qui freine les candidats potentiels.
Avec 5 personnes motivées dans une salle, tu peux avoir une vraie conversation. Tu peux adapter ton discours en temps réel. Et si une seule d’entre elles rejoint ton équipe, tu as rentabilisé dix fois ton investissement.
Le directeur qui attend d’avoir 50 inscrits avant de fixer une date n’organisera jamais rien. Celui qui fixe une date aujourd’hui et qui fait avec 5 personnes commence à construire quelque chose.
Ton fichier n’est pas si vide que tu le crois
« Mais je n’ai pas de fichier à jour. »
C’est la deuxième excuse que j’entends le plus souvent. Et c’est faux.
Ton fichier est peut-être incomplet. Il est peut-être désorganisé. Mais il n’est pas vide. Et surtout, tu peux le constituer en quelques heures avec des outils que tu as déjà sous la main.
LeBonCoin, SeLoger, Cadremploi — ces plateformes regorgent d’annonces d’agents et de conseillers en activité ou en recherche. Tu peux identifier des candidats potentiels, récupérer leurs coordonnées, et les contacter directement.
L’appel téléphonique direct reste l’outil le plus efficace pour inviter quelqu’un à un événement. Pas un message automatique. Pas un email. Un appel. Trente secondes. « Bonjour, je suis directeur de l’agence X, j’organise un after-work le [date] pour des professionnels de l’immobilier dans la région, j’ai pensé à toi. C’est sans engagement, juste pour se rencontrer. »
Simple. Direct. Efficace.
En deux heures de travail sur ces plateformes, tu peux identifier 20 à 30 contacts et en appeler la moitié. Tu n’as pas besoin d’un fichier parfait pour commencer. Tu as besoin de décrocher ton téléphone.
La stratégie des partenaires : multiplie ta portée sans multiplier ton travail
Voilà une idée que beaucoup de directeurs n’exploitent pas : invite tes partenaires professionnels à ton after-work.
Ton courtier. Ton diagnostiqueur. Ton notaire. Ton gestionnaire de patrimoine.
Pourquoi ? Parce qu’ils ont leurs propres réseaux professionnels. Un courtier qui vient à ton événement peut amener 2 ou 3 contacts dans le secteur immobilier que tu n’aurais jamais pu atteindre seul. Et pour eux, c’est aussi une opportunité de réseautage et de visibilité.
En les invitant, tu élargis ta portée sans efforts supplémentaires. Et tu enrichis la soirée : des profils variés autour de la table, c’est une dynamique plus intéressante que si tu n’as que des agents.
Les 3 offres que tu dois savoir présenter
Un after-work de recrutement, ça ne sert à rien si tu n’es pas capable de présenter clairement ce que tu proposes.
En immobilier, il y a aujourd’hui trois modèles que les professionnels doivent comprendre pour faire un choix éclairé. Et comme directeur, tu dois maîtriser les trois pour t’adresser à tous les profils qui seront dans la salle.
Le modèle agent mandataire — indépendance totale, honoraires élevés, mais aussi moins de structure et de support. Idéal pour les profils expérimentés et autonomes.
Le modèle agence traditionnelle — structure, bureau physique, enseigne, accompagnement. Idéal pour les profils qui ont besoin de cadre et de légitimité visible.
Le modèle intermédiaire — les nouvelles structures hybrides qui combinent flexibilité du mandataire et support de l’agence. Une offre de plus en plus attractive.
Si tu ne sais pas expliquer les différences et positionner ton offre face aux deux autres, tu vas perdre des candidats qui ne comprennent pas pourquoi te choisir.
Travaille ton argumentaire AVANT l’after-work. Pas pendant.
L’IA comme levier : récupère 10 heures par semaine pour te concentrer sur le recrutement
Un point que j’aborde systématiquement avec les directeurs que j’accompagne : l’intelligence artificielle n’est plus un gadget. C’est un outil de productivité qui change concrètement la façon de diriger une agence.
Rédaction des annonces. Gestion des emails. Création de supports de communication. Analyse des performances de l’équipe. Préparation des réunions.
Tout ça peut être accéléré, délégué ou automatisé grâce à l’IA. Le gain moyen pour un directeur qui intègre correctement ces outils dans son quotidien ? Minimum 10 heures par semaine.
10 heures que tu peux réinvestir dans du recrutement, du management, de la prospection. 10 heures qui te permettent de sortir la tête du guidon et de travailler SUR ton agence plutôt que DANS ton agence.
Si tu n’as pas encore intégré l’IA dans ton organisation, c’est le chantier numéro un pour les prochaines semaines.
La méthode en 5 étapes pour lancer ton after-work cette semaine
Voilà comment passer de l’intention à l’action. Maintenant.
Étape 1 — Fixe la date aujourd’hui. Pas dans un mois. Cette semaine ou la semaine prochaine. Bloque la date dans ton agenda. Trouve un lieu simple : une salle de réunion, un bar avec un espace privatisable, voire ton agence si elle le permet.
Étape 2 — Constitue ta liste. 2 heures sur LeBonCoin, SeLoger et Cadremploi. Identifie 30 contacts. Note les noms, les numéros, les agences.
Étape 3 — Appelle, n’envoie pas de messages. Le téléphone d’abord. Les messages en relance uniquement. Ton objectif : 5 à 10 présents confirmés. C’est suffisant.
Étape 4 — Invite tes partenaires. 2 ou 3 partenaires qui peuvent amener leurs propres contacts. Briefez-les sur ce que tu attends d’eux.
Étape 5 — Prépare ton pitch. Les 3 modèles, ton offre, pourquoi rejoindre TON agence plutôt qu’une autre. 10 minutes de préparation pour 2 heures d’impact.
Ce que tu vas éviter si tu ne fais rien
Je vais être direct avec toi.
Si tu continues à attendre le moment parfait, tu seras encore dans un an à me dire que tu « penses » à organiser un after-work. Ton équipe n’aura pas bougé. Et tes concurrents, eux, auront recruté.
Le recrutement n’est pas un événement ponctuel. C’est une activité permanente, comme la prospection. Et comme la prospection, plus tu attends pour commencer, plus tu accumules du retard que tu n’as pas les moyens de rattraper.
Ton premier after-work sera imparfait. C’est normal. C’est même souhaitable. Parce que l’imparfait qui a lieu crée de l’expérience. Et l’expérience crée la maîtrise.
Prêt à construire ta stratégie de recrutement ?
Si tu veux structurer ta démarche de recrutement — from scratch ou pour l’accélérer — je t’invite à prendre 30 minutes avec moi.
On fait le point sur ta situation, on identifie les premières actions à mettre en place, et tu repars avec un plan concret pour les semaines à venir.
Le recrutement ne se pense pas. Il se fait. Et il commence maintenant.
